La qualité de l'eau dans le 22

La qualité de l’eau progresse mais l’effort ne doit pas être relâché

Les dix dernières années ont vu la qualité de l’eau brute s’améliorer nettement avec une baisse de 10 mg/l des teneurs moyennes en nitrates ce qui a permis, progressivement, la mise à l’arrêt des unités de traitement spécialisées. Les teneurs moyennes en pesticides respectent les limites de qualité mais il convient de rester attentif face à l’évolution des normes liées aux polluants émergents

Chaque mois, le Département publie un bulletin d'informations sur la situation de la ressource en eau en Côtes d'Armor.

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Les pesticides dans nos rivières

16 points d’observations répartis sur les rivières des côtes d’Armor font l’objet d’un suivi par le département.

Une grande diversité de molécules y est retrouvée : en 2019, sur 350 molécules recherchées, 65 ont été détectées : 58% sont des herbicides (principalement utilisés sur cultures de maïs et céréales), 8% des fongicides, 5% des insecticides , 4% des molluscicides et 27% des métabolites (produits de dégradations).

Concernant les métabolites, 17 substances « métabolites » sont décelées dans la totalité des cours d’eau et de manière beaucoup plus fréquente que les matières actives : Deux métabolites ou produits de dégradation (le métolachlore ESA et le métazachlore ESA), sont rencontrés de manière chronique sur l’ensemble des cours d’eau, L’ampa, produit issu du glyphosate, est présent dans 55 % des prélèvements effectués.

A noter que des métabolites sont également retrouvés dans des forages.

Le réseau départemental contribue à entretenir la connaissance de la contamination des eaux superficielles par les pesticides. Il permet d’appuyer les mesures et actions menées par les acteurs locaux pour lutter contre cette pollution. Les réseaux CORPEP de la DREAL et de l’Agence de l’Eau sont des outils complémentaires de connaissance de la contamination des eaux par les phytosanitaires en Bretagne.

Les nitrates dans nos rivières

Dans le cadre du Système d’Evaluation de la qualité des cours d’eau (Seq’Eau), le département assure le suivi de 63 points répartis sur le territoire des Côtes d’Armor. L’évolution du taux de nitrates est variable d’un mois à l’autres et dépend de plusieurs paramètres comme la météo. La moyenne varie autour de 25mg/l avec des cours d’eau.

Les matières organiques

La présence de matières organiques dans les cours d’eau est une réalité et révélatrice de leur qualité. Dans le département, les conditions climatiques et hydrologiques associées à une qualité de sols peu perméable agissent en faveur de l’exportation du carbone organique dissous (COD) vers les cours d’eau.
La limitation de l’érosion des sols et du ruissellement sont des moyens de contenir le phénomène.

Améliorer la qualité de l’eau distribuée

Les eaux bretonnes naturellement peu minéralisées et riches en matières organiques sont parmi les plus complexes à traiter.
En parallèle aux efforts de protection de la ressource, l’évolution des normes et le souhait de distribuer de l’eau de qualité toujours améliorée nécessite de moderniser constamment les usines de traitement.
Cet effort de modernisation déjà entamé nécessitera un investissement de 65 millions d’euros pour les collectivités productrices d’eau d’ici 2030.
Ces améliorations techniques permettront également de faire progresser le rendement des usines de production limitant ainsi les pertes en eau.

La qualité de l'eau sous contrôle

En France, la qualité de l’eau potable fait l’objet d’un double contrôle assuré par la collectivité maître d’ouvrage (ou son exploitant) et par l’ARS.
Tout au long de la filière de production et distribution, les paramètres physico-chimiques et bactériologiques sont analysés afin de garantir une eau conforme au robinet du consommateur.
Depuis 15 ans, les teneurs en nitrates ont baissé dans les eaux distribuées des costarmoricains, aucun dépassement supérieur à la norme de 50mg/l n’a été relevé par l’ARS en 2018.
L’amélioration concerne également les pesticides grâce à la baisse des teneurs observées dans les eaux brutes et la généralisation des traitements au charbon actif. En Bretagne, 200 molécules (sur pas moins de 468 matières actives de phytosanitaires autorisées en Europe) sont recherchées par l’ARS dans le cadre du contrôle sanitaire ciblé en fonction du contexte local (qualité des sols, pratiques…).
La norme de 0.1μg/L par molécule ou 0.5μg/L pour la somme des substances analysées est dépassée sur certains secteurs costarmoricains.
A noter que le lessivage de ces produits vers les cours d’eau et leur capacité à s’infiltrer entraine une contamination des eaux pouvant être durable ; la vigilance s’impose d’autant plus que les quantités de pesticides commercialisées ne baissent pas.
Les métabolites, sujet d’actualité, sont les matières actives issues des pesticides ; ils sont difficiles à piéger dans la filière de traitement et peuvent se retrouver dans l’eau potable. Un suivi ciblé de ces métabolites est assuré par l’ARS et les exploitants ; dans les côtes d’Armor, le métabolite « métolachlore ESA» est le plus largement détecté.

Retrouvez le dernier bilan ARS de la qualité de eaux en Bretagne.

Accéder au dernier bilan ARS

L’ARS édite annuellement un bilan sur la qualité de l’eau distribué par unité de distribution.

Retrouvez via la carte du département cette information transmise avec la facture d’eau de chaque abonné.

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